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Les orobanches, des plantes parasites, sans photosynthèse

Les orobanches, des plantes parasites, sans photosynthèse

Certaines plantes dont les orobanches ont la particularités de ne pas faire la photosynthèse, une rareté dans le monde végétal !
Ceci est permis par du parasitisme, zoom sur cette particularité qui explique la précision que l’on peut lire dans les programmes en SVT de « plantes photosynthétiques » car oui, les plantes non photosynthétiques existent.

Photo n°1/4 : Deux plants d’orobanches photographiés le 20 mai 2016 près de la Bastille à Grenoble (Isère).

Les orobanches sont des plantes très particulières puisqu’elles ne font pas la photosynthèse.
Pour se nourrir, elles sont donc obligées de parasiter d’autres plantes.
Alors que la majorité des plantes ont une couleur verte car elles contiennent de grande quantité de chlorophylle, pigment nécessaire pour capter l’énergie lumineuse dans le processus de photosynthèse, les orobanches en sont dépourvus.
Elles sont donc facilement reconnaissable par leur couleur marrons qui de loin donne l’impression que ce sont des plantes mortes, sèches alors qu’elles sont dépourvue de couleur verte.

Ce sont des holoparasites (= parasite entier) qui s’implantent sur les racines de l’hôte (=épirhize).
Les orobanches sont incapables de se développer sans leur hôte auquel elles prennent les molécules minérales (provenant de l’absorption racinaire de l’hôte) et carbonées (provenant de la photosynthèse de l’hôte) qui leurs sont nécessaires.

Photo 2/4 : Orobanche observée en bord de route près du col de Cabre (Drôme) à 900 mètres d’altitude le 14 juillet 2019.
Le plant d’orobanche est ici peu visible car il a la même couleur que les feuilles mortes de hêtres.

Les feuilles sont réduite à des écailles sous la hampe florale.

Il existe en France métropolitaine 33 espèces d’orobanches. Elles ne sont pas facile à identifier en raison de leur organes végétatifs atrophiés.
Lors de l’ouverture de la fleur, on utilise surtout la couleur du stigmate pour avoir une première idée de l’identification.
Afin d’être certain de l’identification précise de l’espèce, il faut déterminer l’hôte : chaque orobanche est spécifique de sa plante hôte, ainsi on trouve par exemple l’orobanche du genêt, du gaillet, du lierre ou du trèfle.

Photo 3/4 :  Zoom sur les fleurs d’une orobanche.
Les fleurs d’orobanches se caractérisent par l’ensemble de leurs pétales (=corolle) soudés avec 2 lèvres.
On peut voir en haut de la fleur le stigmate de couleur variable avec les étamines se situant juste en dessous.
Ici le stigmate est jaune, ce qui laisse pensé à l’orobanche du genêt, Orobanche rapumgenistae.

Les orobanches font parties de la famille des orobanchacées contenant 3 genres :
-celui des orobanches, le plus divers (33 espèces)
-celui  des phélipée (8 espèces)
-celui des lathrée (2 espèces)
Toutes ces espèces sont dépourvues de chlorophylle.

On retrouve des plantes parasite dans d’autres familles végétales, on peut par exemple citer la Limodore à feuilles avortées qui est une orchidée ou le cytinet, plante parasite des cistes que l’on peut voir seulement lors de sa floraison puisque le cytinet ne développe aucune tige.
La perte de photosynthèse dans différents familles végétales montre que le caractère « perte de photosynthèse et vie parasitaire » est apparue plusieurs fois indépendamment chez différentes familles de végétaux on peut parler de convergence évolutive.
La convergence évolutive est le mécanisme évolutif conduisant des espèces soumises aux mêmes contraintes environnementales, à adopter indépendamment plusieurs traits physiologiques, morphologiques semblables. Dans ce cas précis il s’agit d’un passage à un mode de vie parasitaire suivit de la perte de la capacité de photosynthèse qui demande un coût énergétique élevé à la plante.

Photo 4/4 :
A gauche, bourgeonnement d’une tige de Limodore à feuilles avortées de la famille des orchidacées. Une fois la tige développée, on peut observer les fleurs.
A droite, fleurs du Cytinet, famille des rafflesiacées, les fleurs sont la seule partie visible en surface de cette surprenante plante.

Publication : Juillet 2020
Auteur(s) : Pierre-Jean Riou, professeur de SVT

Crédits photos : Pierre-Jean Riou

 

Bibliographie :

Petite flore de France, de Belgique, Luxembourg et Suisse. Thomas, Busti,Maillart

4 réponses

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