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La pollution lumineuse : problèmes et solutions

La pollution lumineuse 

I- Qu’est ce que la pollution lumineuse ?

D’après le site le jour de la nuit   Le Jour de la Nuit est une opération de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne et du ciel étoilé qui a lieu chaque année en France en octobre.

On parle de pollution lumineuse pour désigner les effets néfastes d’un éclairage artificiel excessif sur l’environnement et la santé.

Aujourd’hui, un tiers de la population mondiale ne voit plus la Voie Lactée et de très nombreuses étoiles. La nuit est en effet confrontée à la montée d’une pollution lumineuse issue d’une généralisation et d’une mauvaise utilisation de l’éclairage public.

Alors qu’il y a quelques années on comptait près de 9 millions de points lumineux en France, ce nombre ne cesse d’augmenter pour atteindre plus de 11 millions en 2015. En 10 ans, les installations lumineuses ont augmenté de 30 %. Ce sont alors de véritables halo-lumineux qui se forment au-dessus des villes créant des barrières et des pièges écologiques qui ne sont pas sans conséquences pour nous et notre environnement.

La pollution lumineuse de la ville visible en campagne
Pollution lumineuse visible depuis la campagne sous forme d’un halo lumineux.
Le halo lumineux efface les étoiles et provoque à l’horizon un éclairage de faible intensité dans des zones qui devraient rester totalement obscures.
Ce halo lumineux est provoqué par l’éclairage public de la ville avoisinante. Les grandes villes comme Nancy ou Metz ont des halos lumineux visibles à plusieurs dizaines de kilomètres de distances.

Évolution de la pollution lumineuse en Europe entre 1992 et 2010 vues depuis l’espace.

Observation de la pollution lumineuse en France à l’aide du logiciel Google Earth

II-Les effets de la pollution lumineuse

D’après le site le jour de la nuit   

De nombreuses espèces sont affectées par le sur-éclairage des villes qui produit de véritables pièges et barrières écologiques pour la biodiversité :
• Les oiseaux et chauve-souris modifient leurs trajectoires lors des migrations en fonction des halos lumineux formés au-dessus des villes ;
• En saison estivale, 150 insectes meurent chaque nuit par point lumineux, d’épuisement ou brulés par la chaleur. Les illuminations artificielles représentent la 2ème cause de mortalité des insectes, après les insecticides.
Le rythme biologique des espèces se retrouve également affecté par le sur-éclairage qui modifie l’alternance du jour et de la nuit et leur distinction entre les saisons. Leurs cycles de reproduction et de recherche de nourriture sont alors perturbés, provoquant un risque pour leur progéniture et leur survie.

Exemple d’un insecte touché par la pollution lumineuse : le ver luisant
Le ver luisant est un insecte de l’ordre des coléoptères. Cet insecte est très surprenant puisque la femelle est capable d’émettre de la lumière au niveau de son abdomen (voir photo du haut ci-contre). Ainsi on peut voir durant les nuits d’été des petits points brillants verts clairs.
Cette lumière permet d’attirer le mâle.
On observe sur la photo du bas un accouplement de vers luisant.
Il existe un fort dimorphisme sexuel : la femelle est deux fois plus grande que le mâle, elle n’a pas d’aile. Le mâle a de grands yeux, lui permettant de voir la faible lumière émise par la femelle.

La mise en place d’éclairage publique empêche le mâle de repérer la femelle vers luisant. L’accouplement n’a pas alors lieu. De nombreuses localités en France ont ainsi vu disparaître cette espèce.

III-Des solutions existent 

Un éclairage publique adapté

Extraits du document, « Guide pour une sobriété de l’éclairage public dans les Vosges Centrales » :

Image ci-contre : différents types d’éclairage publique et pollution lumineuse associée

L’ULOR est le flux lumineux sortant du luminaire vers le ciel. Ce flux est gâché en matière d’efficacité énergétique, et gênant en matière de nuisance lumineuse. L’exemple le plus flagrant de luminaires présentant un ULOR déplorable est celui des luminaires boules ou celui des luminaires ayant une inclinaison élevée.

L’extinction de l’éclairage publique au cours de la nuit 

Extrait de Vosges-Matin – Mickaël DEMEAUX – 25 mars 2017 :

« Épinal est la seule commune d’importance en Lorraine à faire cela : plonger la ville dans le noir cinq nuits par semaine.
La mesure rencontre, semble-t-il, un vif succès sur le plan financier : 75 000 € d’économies par an selon un premier bilan effectué par la municipalité.
Après sa mise en place, la décision a toutefois rencontré quelques réactions de commerçants : « Certains ont trouvé qu’éteindre à 1 h, c’était trop tôt, car ils n’avaient pas encore fini leur journée de travail », explique l’élu. Une solution a été trouvée : « Depuis ce 1er janvier, nous fermons la lumière de 1 h 30 à 4 h 30. »

Selon Patrick Nardin (premier adjoint chargé du développement et de la vie de la cité, des déplacements urbains et de l’urbanisme.) cette mesure n’a « aucun impact sur les incivilités ou les crimes et délits ». « Neuf cambriolages sur dix se produisent en journée », précise-t-il à raison.
Cette extinction nocturne de l’éclairage semble donc positive. Des communes proches d’Épinal ont suivi l’exemple. Metz y réfléchit. »

Cartographie de l’évolution de la pollution lumineuse dans le département des Ardennes en 2014 avant et après l’extinction de certains éclairage publique au cours de la nuit.
Cartographies réalisées par l’ANPCEN = Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturne.

Les LED, une fausse bonne idée ? 

Extraits du document, « Guide pour une sobriété de l’éclairage public dans les Vosges Centrales » :

Image ci-contre : Aspects positifs et négatifs des LED.

« Lorsque l’on s’intéresse à l’impact de la lumière extérieure sur l’environnement et sa perception par les usagers, le spectre lumineux est très important, Cela revient à se poser la question sur quels types de longueurs d’ondes (ou couleurs) sont émis. Des sources lumineuses peuvent paraître blanches à l’œil humain, alors que la quantité de lumière bleue présente est critique en terme d’impact environnemental et sur les êtres humains. La longueur d’onde bleue est celle se diffusant le plus dans l’atmosphère.
Ainsi le remplacement de toutes les sources par des LED froides aurait pour conséquence une multiplication du halo lumineux par un facteur 4 !
De plus, c’est également la couleur bleue qui perturbe le plus notre métabolisme (étude ANSES sur l’impact des écrans de tablettes et smartphone sur l’endormissement et sur la formation de la cornée des enfants) et la biodiversité de manière générale. Les insectes sont 2 à 4 fois plus attirés par des lampes avec une forte proportion dans le bleu. Cet effet a pour conséquence de modifier le comportement de leur prédateur et notamment des chauves-souris.
En sélectionnant des lampes à faible pourcentage dans le bleu, en évitant les lampes blanches comme les lampes à vapeur de mercure (ballons fluorescents) ou les LED froides, il est donc possible de réduire l’impact de la lumière sur le ciel mais aussi sur la biodiversité. « 

On peut donc conclure que les LED si elles émettent en majorité de la lumière bleue sont à proscrire puisque leurs effets sur la pollution lumineuse et donc sur l’environnement et bien supérieur aux éclairages classiques.
Cependant les LED utilisent beaucoup moins d’électricité pour fonctionner. Remplacer des éclairages actuelles par des lampadaires LED qui ont une lumière blanche – chaude à autant d’impacts sur la pollution lumineuse et permet de diminuer la consommation d’électricité.