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Le parasitisme

LE PARASITISME :

Animaux parasites :

La sangsue fait partie de la famille des annélides comme le ver de terre, elle vit en eau douce. Cette photo a était prise sous l’eau dans un petit ruisseau.
Comme le nom l’indique, la sangsue se nourrit du sang d’animaux.

Acariens sur une osmie rousse.
L’osmie rousse est répandue en Europe : c’est une des abeilles solitaires les plus communes, surtout en zone urbaine.

Le coucou gris (Cuculus canorus) est un oiseau surtout connu pour son célèbre chant « cou-cou » durant le printemps. On l’entend beaucoup plus que l’on observe, puisqu’il s’agit d’un oiseau très discret, il s’agit d’un spécimen empaillé conservé au Muséum d’histoire naturelle de Grenoble.
Le coucou pratique un parasitisme de couvée : la femelle pond ses œufs dans des nids d’autres espèces. L’œuf déposé par le coucou éclot avant les autres œufs. Le poussin dès les premières heures de sa vie va jeter les autres œufs hors du nid.
Les parents vont alors le nourrir comme leur propre oisillons.

Colonie de pucerons. Ces colonies peuvent parfois devenir extrêmement nombreuses et ravager les cultures. Les pucerons sont des suceurs de sève et peuvent transmettre des maladies.

Ensemble de cynips observées à la loupe binoculaire.
Les cynips appelés aussi guêpes à galles sont de petites guêpes parasites.
Une galle est une excroissance tumorale produite sur un organe végétal suite à des piqures d’animaux parasites (cynips ou acariens).
Les galles sont induites chez les cynips lors de la ponte, l’excroissance végétale permet de nourrir la ou les larves contenue dans la galle.

Galle rouge brillante en forme de champignon provoquée par Andricus dentimitratus : un petit hyménoptère.
Les formes des galles, couleur, taille, espèce parasité etc… sont un moyen d’identification privilégié pour distinguer les différentes espèces de cynips.

Larve et adulte de moustique.
La femelle moustique adulte se nourrit de sang. Elle dépose ses œufs sur de l’eau stagnante. La larve du moustique est aquatique et se nourrit en filtrant l’eau.
Photo de gauche :
Pontes et larves de moustiques dans un pot de fleur laissé à l’abandon dans un jardin. Une ponte est composée de plusieurs centaines d’œufs accolés, comme peut le montrer le zoom sur la photo.

Photo de droite : Une femelle moustique tigre (2 mm) vient de piquer l’auteur de cet article et lui suce son sang pour se nourrir. (Le moustique a bien finit écrasé !)
En savoir plus sur le moustique tigre : https://sciences-nature.fr/moustique-tigre-espece-invasive-potentiellement-tres-dangereuse/

 

Plantes parasites :

Photo de gauche : Cyste de Montpellier (Cistus Monpeliensis), un arbuste de la garrigue.
Photo de droite : Fleurs de cytinet ou cytinelle, plante parasite des cistes. Elle est visible en surface seulement lors de sa floraison.

Le cytinet se développe entièrement à l’intérieur des tissus de la plante hôte, sauf au moment de la floraison où elle laisse paraître hors de celle-ci une tige courte à feuilles écailleuses et des inflorescences.

Des plantes particulières : les Orobanches. Ce sont des plantes herbacées parasites ne contenant pas de chlorophylle, elles n’effectuent donc pas la photosynthèse.
Elles dépendent alors totalement de leurs plantes hôtes pour les éléments nutritifs dont elles ont besoin : ce sont des holoparasites.

Parasitisme facile à observer durant l’hiver dans les haies de peupliers : des touffes vertes de gui (viscum album). Autrefois récolté par les druides, c’est en Europe une plante traditionnelle qui, avec le houx, sert d’ornementation pour les fêtes de Noël et de fin d’année.
Il s’agit d’une plante hémiparasite : étant chlorophyllienne, elle est capable d’assurer la production de molécules organiques par photosynthèse, par contre elle prélève l’eau et les substances minérales sur sa plante hôte.

Photo de gauche : Haie de peupliers fortement parasitée par de nombreux plants de gui visibles sous forme de touffes vertes. Photos prisent dans le parc d’Interlaken au centre de la Suisse en janvier 2018.
Photo de droite en haut  : Rameau mâle. Le gui est une espèce dioïque, c’est à dire qu’il existe des plants mâles et des plants femelles.
Photo de droite en bas  : Rameau femelle avec les infrutescences (ou baies) visibles.

La dispersion des graines de gui dépend de deux espèces d’oiseaux.
Elle est essentiellement assurée par la grive draine, qui raffolent des fruits du gui et rejettent les graines non digérées dans leurs fientes, parfois à plusieurs kilomètres compte tenu du temps de la digestion.
Les fauvettes à tête noire qui décortiquent les baies sur place assurent une dissémination beaucoup plus localisée. Elles sont incapables d’avaler le fruit et se contentent d’en extraire la pulpe.

Article complet sur le gui : http://sciences-nature.fr/gui-plante-parasite-facile-dobservation-lhiver/

Les deux couleurs de l’orchis sureau : blanche ou violette.
L’orchis sureau ne fournit pas de nectar aux pollinisateurs, il y a donc pour elle une économie de sa fabrication. Cependant les pollinisateurs cherchent le nectar qui est pour eux leur source de nourriture.
On peut donc ici parler de relation parasitaire : l’orchis obtient un bénéfice : la pollinisation alors que le pollinisateur subit un coût : énergie dépensée pour allé vers la fleur sans aucune récompense de nectar ou pollen.
Afin d’éviter les plantes sans nectars, les pollinisateurs arrivent à reconnaître facilement la fleur qui n’en fournit pas et ne vont plus la butiner. Il n’y a alors plus de pollinisation (nécessaire pour la reproduction de la plante).
Le maintient de deux morphes de couleurs différentes permet de tromper les pollinisateurs : ceux ci vont considérés les fleurs de couleurs différentes comme des espèces différentes. Les pollinisateurs ont d’autant plus de mal à différencier les fleurs sans nectars lorsque celles ci sont différentes.
Il s’agit donc d’un exemple de maintient d’une diversité au sein d’une espèce = diversité génétique.

Champignons parasites :

Un exemple de rouille : champignon parasite de plante

Photo : Aspect général de la rouille Phragmidium rosae-pimpinellifoliae sur un rosier sauvage.
Les rouilles sont des maladies cryptogamiques (ou fongiques), c’est-à-dire que ce sont des maladies causées à une plante par un champignon.
Elles se manifestent par des sortes de pustules apparaissant sur les feuilles.
Les rouilles, scientifiquement appelé téliomycètes (classe de champignons) doivent leur nom à leurs spores riches en carotène qui leur donne une couleur orange intense. Ce groupe est très vaste, certains scientifiques pensent qu’il existe environ une espèce de rouille par espèce de plante vasculaire !
Les rouilles affectent l’agriculture probablement depuis que l’homme a commencé la domestication des plantes pour les cultiver, en particulier les céréales telles que le blé, la rouille du blé se nomme : Puccinia graminis.
Le contrôle de ces parasites en agriculture est donc un enjeu majeur pour la production alimentaire.
Voir article complet sur : http://sciences-nature.fr/rouilles-champignons-parasites-de-plantes/

Criquet mort ayant succombé à « la maladie au sommet », cette maladie est due à un champignon : Entomophaga grylli.
Photo de gauche : criquet mort récemment.
Photo de droite : même cadavre de criquet observé au même endroit 1 moi plus tard, le corps s’est à moitié dégradé.
Avant sa mort, le criquet infecté est contrôlé par le champignon qui va lui faire entreprendre un dernier déplacement : le criquet grimpe sur les plantes les plus hautes et s’accroche au sommet avant de mourir dans une posture bien particulière : ailes légèrement relevées et révélant le dessus de l’abdomen, pattes postérieures à moitié déployées et écartées sur les côtés, pattes antérieures et moyennes repliées autour du support ; la tête semble plus grosse et blanchie.
Après la mort, le parasite consomme les muscles vidant pratiquement l’animal. Il va rapidement émettre des spores infectieuses dont la dispersion sera facilitée par la posture du criquet au sommet de la plante.
En savoir plus : https://www.zoom-nature.fr/mort-au-sommet-pour-les-criquets/

Le compagnon blanc (Silene latifolia) est une espèce commune de plante à fleurs que l’on peut observer en bord des chemins et de champs.
En regardant de plus près ses fleurs et avec un peu de chance vous pourrez voir un champignon parasite : le Microbotryum violaceum.
Photo de gauche :  fleur non parasitée d’un blanc intense.
Photo du milieu et de droite : fleurs parasitées saupoudrées du champignon de couleur noire.

Microbotryum violaceum cause la maladie du charbon des anthères.  Une anthère est la partie terminale des étamines, elle renferme le pollen.
On voit très bien sur la photo de droite les anthères, normalement jaunes qui sont ici de couleur totalement noire à cause de l’infection par le champignon.