Sciences et Nature-exemples-biodiversité-champignons-fongiques

Exemples de diversités fongiques  :

Les champignons ou Eumycètes sont le groupe-frère des animaux, avec lesquels ils forment les Opistocontes : ensemble des organismes possédant une ou des cellules à flagelle propulseur, donc postérieur.
Les eumycètes sont des organismes très diversifiés, on estime le nombre d’espèces entre 0,5 et 3 millions.
La majorité de ces espèces sont encore peu décrites. Elles ont un rôle écologique majeur par leurs interactions, parasitaires ou symbiotiques, avec les autres organismes et par leur rôle recycleur, surtout dans les écosystèmes terrestres.
Les champignons sont formés de filaments, ou hyphes, dont l’ensemble constitue un thalle filamenteux ou mycélium.
Ce qu’on appelle couramment champignon n’est en fait que la « fructification » temporaire et visible : le sporophore.
Sous terre, on retrouve le reste de l’organisme : plus durable et plus discret, le macromycète, dont les filaments isolés sont généralement invisibles à l’œil nu.

Cette page décrit quelques espèces de champignons selon leurs rôles écologiques : saprophyte (dégradant la matière organique), parasite ou symbiote.

 Champignons saprophytes :

Les champignons saprophytes sont des organismes qui décomposent les matières organiques (issues des êtres vivants) afin de se nourrir de certaines des substances résultant de cette dégradation.

Les températures douces et l’humidité importante de cet automne favorise le développement des champignons en sous bois, comme ici Ramania aurea, la Clavaire Dorée appelée aussi crête de coq qui est comestible. Les clavaires sont des champignons saprophytes lignicoles. C’est à dire qu’ils consomment les produits de dégradation des branches ou souches.

 Un coprin chevelu, coprinus comatus. Les coprins sont des champignons saprophytes de litières. C’est à dire qu’ils s’attaquent aux produits déposés dans la litière et plus ou moins dégradés par des microorganismes, typiquement comme des excréments, tout comme pour les champignons de Paris.
Le coprin chevelu est également un champignon comestible.

Photo de gauche : Observation en janvier dans une forêt de pins de la vesse-de-loup en poire : Morganella pyriformis. On observe bien en haut de chaque vesse un orifice arrondi.

Photo de droite en haut : Lorsqu’on appuie sur une vesse de loup à maturité, il y a alors projection d’une poussière brune sous forme de fumée.

Photo de droite en bas : Lorsqu’on ouvre une vesse de loup, on peut observer à l’intérieur de nombreux filaments bruns qui contiennent les spores sous forme de poudre

Les vesses-de-loup sont des champignons très répandus dans les prés et les bois, facilement reconnaissables à leur absence de pied.
Il existe de nombreuses espèces de vesses de loup. Sur cette photo il s’agit de la vesse-de-loup en poire : Morganella pyriformis
Vesse-de-loup signifie « pet de loup », ceci car lorsqu’on touche ces champignons à maturité, ils expulsent par son orifice une fumée brune. (voir photo de en bas à droite).
Cette poussière brune n’a pas d’odeur et il s’agit en réalité de l’émission de très nombreux spores du champignon.
Certaines espèces de vesses de loup sont comestibles lorsqu’elle sont jeunes, c’est à dire lorsqu’elles n’émettent pas des spores.

 Champignons vivant en symbiose :

Deux cas de symbioses sont célèbres chez les champignons :

-L’association de champignons et d’algues vertes formant les lichens.
Le champignon fournit à l’algue son abri, et l’approvisionne en eau, minéraux et l’algue fournit au champignon des aliments organiques synthétisés grâce à la photosynthèse.
-L’association de champignons avec des plantes au niveau de leurs racines formant des mycorhizes.
Les filaments du champignon peuvent se développer sur un très grande surface, ce qui permet d’extraire plus d’ions minéraux nécessaire à la croissance des plantes. En échange, les plantes fournissent aux champignons une partie de leurs photo-assimillats (sucres) qui permettront de nourrir le champignon.

Lichens et mycorhizes sont des symbioses qui ont une importance cruciale pour de nombreux écosystèmes : la majorité des plantes terrestres présente des mycorhizes, on estime que près de 10 % de la surface des terres sont recouvertes d’une végétation lichénique.

Photos de lactaires délicieux Lactarius deliciosus dans une forêt humide début novembre. Il s’agit d’un champignon comestible très présent sur le bassin méditérannéen.
Ce sont des champignons ectomycorhiziens qui vivent exclusivement associés aux conifères. L’inoculation contrôlée des pins en pépinière est un enjeu pour la foresterie méditerranéenne. L’INRA de Montpellier mène ainsi des recherches sur les lactaires avec deux objectifs : maîtriser l’inoculation contrôlée des pins par ces champignons, en laboratoire et en pépinière, et sélectionner des souches compétitives dans les milieux naturels du sud de la France.

 

L’Amanite tue-mouches (Amanita muscaria) est un champignon commun et facile à reconnaître : son chapeau possède une belle couleur rouge vif parsemé de tâches blanches. Il mesure jusqu’à 25 cm de haut, on le trouve surtout en sol acide en association avec le bouleau ou l’épicéa. Il est originaire des régions tempérées de l’hémisphère nord.Ce champignon est très toxique, il ne faut surtout pas le manger.
Grâce à sa toxicité, il fut très tôt utilisé en Europe comme insecticide dilué dans le lait, d’où son nom vernaculaire. En réalité, l’amanite tue-mouches ne tue pas les mouches mais les endort.
Photo de gauche : sporophore (= structure reproductrice) d’amanite tue mouches. On observe sous les chapeaux un anneau autour du pied, il s’agit d’un reste du voile qui protégeait les jeunes lames en croissance.
Photo de droite : zoom sur le chapeau rouge avec la présence de nombreuses écailles blanches, vestiges du voile qui protégeait le sporophore durant sa croissance.

Diversité de lichens sur un granite en bord de mer :
lichen blanc central avec apothécies noires (structures reproductrices) : Lecanora atra
lichens noirs ressemblant à des tâches de goudron : Verrucaria maura
lichens jaunes : Caloplaque maritime et des lichens fruticuleux verts pâles : Ramalina siliquosa.
On retrouve ces espèces sur les étages adlittoral et supralittoral.
Voir l’article complet : http://sciences-nature.fr/244-2/

Un lichen du genre Cladonia. Ce genre comporte de très nombreuses espèces. Il s’agit toujours de formes dressées et essentiellement terricoles, c’est-à-dire se développant sur un sol.
Certains représentants du genre habitant les régions arctiques sont bien connus en raison de leur importance dans l’alimentation de quelques animaux, dont le renne, le caribou.
Ici, il s’agit du Cladonia portentosa caractéristique par sa forme en coussinets arbustifs très denses. Il résiste à de longues périodes sèches, il devient alors très cassant.

 Champignons parasites :

Moins connus, les champignons parasites sont aussi très présent dans notre environnement : ils peuvent modifier le comportement de certains animaux ou être transmis par les insectes pollinisateurs comme le montre les 2 exemples ci dessous !

Criquet mort ayant succombé à « la maladie au sommet », cette maladie est due à un champignon : Entomophaga grylli.
Photo de gauche : criquet mort récemment.
Photo de droite : même cadavre de criquet observé au même endroit 1 moi plus tard, le corps s’est à moitié dégradé.
Avant sa mort, le criquet infecté est contrôlé par le champignon qui va lui faire entreprendre un dernier déplacement : le criquet grimpe sur les plantes les plus hautes et s’accroche au sommet avant de mourir dans une posture bien particulière : ailes légèrement relevées et révélant le dessus de l’abdomen, pattes postérieures à moitié déployées et écartées sur les côtés, pattes antérieures et moyennes repliées autour du support ; la tête semble plus grosse et blanchie.
Après la mort, le parasite consomme les muscles vidant pratiquement l’animal. Il va rapidement émettre des spores infectieuses dont la dispersion sera facilitée par la posture du criquet au sommet de la plante.
En savoir plus : https://www.zoom-nature.fr/mort-au-sommet-pour-les-criquets/

Le compagnon blanc (Silene latifolia) est une espèce commune de plante à fleurs que l’on peut observer en bord des chemins et de champs.
En regardant de plus près ses fleurs et avec un peu de chance vous pourrez voir un champignon parasite : le Microbotryum violaceum.
Photo de gauche :  fleur non parasitée d’un blanc intense.
Photo du milieu et de droite : fleurs parasitées saupoudrées du champignon de couleur noire.

Microbotryum violaceum cause la maladie du charbon des anthères.  Une anthère est la partie terminale des étamines, elle renferme le pollen.
On voit très bien sur la photo de droite les anthères, normalement jaunes qui sont ici de couleur totalement noire à cause de l’infection par le champignon.
Microbotryum violaceum est un champignon de la famille des basidiomycètes.

Cette espèce constitue en fait un complexe d’espèces cryptiques spécialisées dans l’infection de différentes espèces de caryophyllacées.

Un exemple de rouille : champignon parasite de plante

Photo : Aspect général de la rouille Phragmidium rosae-pimpinellifoliae sur un rosier sauvage.
Les rouilles sont des maladies cryptogamiques (ou fongiques), c’est-à-dire que ce sont des maladies causées à une plante par un champignon.
Elles se manifestent par des sortes de pustules apparaissant sur les feuilles.
Les rouilles, scientifiquement appelé téliomycètes (classe de champignons) doivent leur nom à leurs spores riches en carotène qui leur donne une couleur orange intense. Ce groupe est très vaste, certains scientifiques pensent qu’il existe environ une espèce de rouille par espèce de plante vasculaire !
Les rouilles affectent l’agriculture probablement depuis que l’homme a commencé la domestication des plantes pour les cultiver, en particulier les céréales telles que le blé, la rouille du blé se nomme : Puccinia graminis.
Le contrôle de ces parasites en agriculture est donc un enjeu majeur pour la production alimentaire.
Voir article complet sur : http://sciences-nature.fr/rouilles-champignons-parasites-de-plantes/