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Le site fossilifère de La Voulte-sur-Rhône

Le site fossilifère de La Voulte

Le laggerstätte de La Voulte-sur-Rhône

Situé en Ardèche, le site de la Boissine est célèbre pour la conservation des parties molles des fossiles. Il fait partie des 50 sites paléontologiques les plus exceptionnels du monde.
Ce site à préservé une faune marine profonde, plus de 300 mètres datant du jurassique moyen : 165 millions d’années.

Vue du site de la Boissine : une ancienne terre agricole qui est aujourd’hui classé au sein d’un ENS, Espace Naturel Sensible.

Vue dans le Muséum de l’Ardèche des vitrines présentant une cinquantaine de fossiles exceptionnels du gisement de la Boissine.

Une fossilisation exceptionnelle

Il y a 165 M.a, des gaz d’origine hydrothermale empoisonnent le milieu. L’absence d’oxygène bloque la décomposition. Sous l’action de bactéries, les parties molles se minéralisent.

La minéralisation des parties molles

Lors de la fossilisation classique les parties molles se décomposent et les sédiments durcissent autour des parties dures.

Des échanges chimiques se produisent et entraînent parfois des minéralisations. Dans ce site, la position d’asphyxie de certains poissons et l’abondance d’ophiures sur une même strate témoignent d’un empoisonnement massif.

Des gaz issus d’une faille ont périodiquement empoisonné le milieu. La prolifération brutale d’algues et leur putréfaction a consommé tout l’oxygène.

Les parties molles, en l’absence de décomposition, ont ensuite été minéralisées sous l’action de bactéries.

Céphalopodes :

Proteroctopus Ribeti, une des plus anciennes pieuvre connu au monde découverte sur le gisement de la Boissine en 1982 par Bernard Riou.
Les pieuvres sont des céphalopode octopodes : c’est à dire possédant 8 tentacules.

Un calmar : céphalopode décapode, c’est à dire possédant 10 tentacules.

Crustacés :

Découverte d’un homard.

Aeger brevirostris : une belle langouste. 

Autres types d’animaux :

Chez les requins, les dents sont souvent les seuls parties préservées lors de la fossilisation car ce sont des poissons cartilagineux. Or le cartilage ce préserve très difficilement : tout comme sur un crâne humain, on ne retrouve pas le nez et les oreilles car ce sont des parties cartilagineuses qui ne se conserve pas facilement.
Cependant il existe des exceptions : certains sites fossilifères conservent même les parties molles comme le gisement de la Bossine et ici un requin de 50 cm de long.

Une « araignée de mer » ou pycnogonide de 10 cm d’envergure a été découverte également dans ce gisement.

Plaque sidéritique rouge de 40 cm de long contenant près d’une centaine d’ophiures fossilisées.
Cette plaque est exposée au Muséum de l’Ardèche, la couleur rouge est dû à la présence de fer.

Sur le site de La Voulte, toutes les ophiures appartiennent à la même espèce : Ophiupinna elegans

Voir article complet : ophiures jurassique de la Voulte sur Rhône

Détails de deux ophiures fossiles sur une plaque sidéritique. Ce sont ici deux adultes, ne dépassant pas 5 cm de largeur.

Les ophiures sont toutes parfaitement conservées : tout à fait complètes, c’est à dire avec tous leurs ossicules, les bras en connexion avec le disque central. Cette préservation est sans aucun doute le résultat d’un enfouissement rapide. Dans la nature actuelle, on constate que les ophiures se dégradent très vite après la mort (en quelques heures).

La datation du site

L’âge du gisement (165 M.a) a été déterminé par datation relative grâce à une ammonite caractéristique du Callovien inférieur.

Histoire du site

Au XIXème siècle. Napoléon Bonaparte missionne Faujas-De-Saint-Fons, géologue, pour trouver du fer pour armer ses hommes. La découverte à La Voulte d’un gisement de fer entraine son exploitation.

A l’aube du XXème siècle, les Fonderies ferment car elles ne maîtrisent pas la fabrication de l’acier. La ville porte de nombreuses traces de cette histoire avec la présence de hauts fourneaux dans lesquels était acheminé le fer de la mine par un réseau de tunnels.

Tombé dans l’oubli, le site devient une exploitation agricole. Dans les années 1970, un passionné, Bernard Riou, fouille durant plusieurs années. En 1982, il réalise l’une de ses plus belles découvertes, une pieuvre de 165 millions d’années.
Proteroctopus ribeti, la pieuvre, est nommée ainsi par le paléontologue en l’honneur du propriétaire du site : Edmond Ribet.

Depuis 2006, ce site protégé appartient au Département de l’Ardèche.