Sciences et Nature - araignée dans l'ambre : un milieu de préservation exceptionelle

Une petite araignée parfaitement conservée dans l’ambre :

Auteur(s) :  Pierre-Jean Riou, professeur de SVT
Publié le : 11 février 2019

Photo de gauche : Morceau d’ambre de 6 cm de long. Ambre de la Baltique provenant d’Estonie et datant de l’Éocène (entre 50 et 40 millions d’années). On observe à l’œil nu une grande araignée de belle taille de près d’1 cm. Ainsi qu’un petit point de quelques millimètres correspondant à une seconde araignée (mieux conservée).
Photo de droite : Zoom sur la petite araignée bien préservée dans l’ambre. Elle mesure 3 mm de long, elle est ici observée à la loupe binoculaire.

L’ambre est une pierre aux particularités surprenantes : elle flotte dans l’eau salée et coule dans l’eau douce, elle brûle lorsqu’on la porte à haute température, si on l’a frotte elle a des propriétés électrostatiques. En plus de toutes ces particularités, on peut voir à travers  de temps en temps et trouver en inclusion de petits animaux comme les insectes ou ici des araignées. Plus rarement on trouve également des fragments de végétaux et de vertébrés.
L’ambre est aujourd’hui surtout utilisé en bijouterie, au contraire d’autres pierre froide au touché, l’ambre est plus agréable car elle chaude.

 

On parle de fossiles présents dans l’ambre, mais ce terme n’est pas exact : à l’intérieur de l’ambre, les organismes ne sont pas fossilisés mais plutôt momifié ! Mai alors quelle différence entre fossilisation et momification ?

Fossilisation et momification :

La fossilisation :
C’est un processus de substitution d’une matière par une autre : l’eau en s’infiltrant dans les sédiments transporte des éléments minéraux dissous. La matière organique de l’organisme mort à l’intérieur des sédiments est alors peu à peu remplacée par de la matière minérale amenée par l’eau. La fossilisation ordinaire est donc une substitution de matière.
Ce processus conserve la forme globale de l’objet, mais sa constitution chimique est totalement modifiée.

Ce n’est pas le cas ici dans l’ambre, car on a une momification : c’est à dire que les tissus des parties molles de l’organisme n’ont pas été minéralisés et il en subsiste une partie dans un état très proche de l’originel. C’est ce phénomène qui est à l’origine du mythe de Jurassic Park. Cependant l’ADN au sein des organismes dans l’ambre est bien trop dégradé pour espérer un clonage.
La momification a lieu seulement dans des milieux très particuliers qui sont des systèmes aseptiques naturels qui ont inhibé toute action microbienne destructrice et donc empêché toute dégradation.

On parle souvent d’organismes fossiles dans l’ambre car on fait référence à une définition plus large du mot fossile, pas en lien avec le terme de fossilisation : restes d’êtres vivants disparus qui ont été conservé. On peut donc parler de fossiles non minéralisés ou momifiés.

L’origine de l’ambre :

Depuis longtemps on soupçonnait l’ambre de la Baltique d’être une résine fossile : brûlée, frottée elle libère une senteur balsamique caractéristique révélant son origine. Pline l’Ancien (24-79) fut le premier scientifique a soutenir l’hypothèse que l’ambre provenait des pins.

Cette ambre baltique que l’on trouve en Pologne et dans les pays Baltes : Estonie, Lettonie et Lituanie est un témoin de la présence de grande forêt de conifères qui, à l’Éocène s’étendaient à travers toute l’Europe du Nord.

L’ambre provient de sécrétions végétales particulières : les oléorésines, sécrétions qui sont fluides et odorantes. Les oléorésines ne contiennent pas d’eau et elles sont insolubles. Suivant les arbres, les sécrétions peuvent se trouver accumulées dans des fissures de bois ou sous l’écorce, formant des poches qui servant de pansement cicatrisant.
L’ambre de la Baltique provient des oléorésines de plusieurs conifères, les études des restes végétaux inclus dans l’ambre émet l’hypothèse que cinq espèces de pins au moins sont susceptible d’avoir produit l’ambre balte.

D’après :

Les fossiles empreintes du vivant – Les encyclopédies du naturaliste. Bernard Riou
L’ambre miel de fortune et mémoire de vie. Eric Geirnaert

 


Posté par Pierre-Jean Riou le 10 février 2019